Bref échange autour du western en BD avec Michel Giguère

Dans la suite d’une discussion tenue dans l’édition du 9 octobre 2020 de La vie en BD et en amont de l’édition du 14 octobre 2020 des Rendez-vous de la BD (à la Maison de la littérature), quelques petits extraits d’une discussion sur le thème du western en bande dessinée avec le médiateur et spécialiste de BD Michel Giguère.

Tu affectionnes particulièrement le genre western, et pourtant tu as attendu jusqu’à ta 30e saison des Rendez-vous de la BD pour commencer un survol commenté du genre… Qu’est-ce qui t’avais fait attendre aussi longtemps?

« Parce que le western, à partir des années 1970, a connu un déclin, une longue période de purgatoire. C’était devenu un genre non pas mineur, mais démodé. Ces dernières années, contre toute attente, on a assisté à une recrudescence de sorties de bande dessinée western, au point où l’on peut presque parler de phénomène! Quand j’ai constaté le regain de popularité du genre, j’ai commencé à me monter une liste de titres, avec l’intention de monter un Rendez-vous de la BD sur le thème dès que j’en aurais suffisamment… sauf que j’ai été vite débordé par la quantité de publications : les éditeurs lancent des westerns plus vite que leur ombre! »

Un titre qui t’a particulièrement frappé, happé?

« Ma révélation, c’est Jusqu’au dernier. Le tome 1 de la série est sortie en France en novembre, mais encore une fois, à cause de la pandémie, je viens juste de le lire. Le ton est mature, les dialogues de Jérôme Félix sonnent juste, et le dessin de Paul Gastine est sidérant. Et je pèse des mots! Sa mise en scène est fluide, efficace. C’est irréprochable sur le plan des proportions, de la perspective, du réalisme des décors, de la souplesse et du mouvement des humains comme des chevaux – et il y a en plus un souci de donner aux personnages des postures naturelles, ainsi qu’une expressivité ahurissante, même sur les visages en arrière-plan. Le dessinateur Gastine joue à mon avis dans une ligue d’élite qui compte très peu de joueurs. »

Comme à l’habitude, les nouveautés sont probablement la « pointe de l’iceberg » des titres qui seront discutés le 14 octobre 19h?

« Il n’y a pas de fruits sans racines! Et c’est le privilège que j’ai, en tant que médiateur et contrairement à un libraire ou à un journaliste, de ne pas avoir à me restreindre aux sorties récentes, de pouvoir ratisser large et profond, de remonter dans le temps, dans l’évolution d’une discipline – et d’autant dans un genre aussi codifié et référentiel que le western! Ça me permet de montrer des extraits d’albums des années 1930, 1940 et 1950 comme Red Ryder ou Cisco Kid, du côté américain, ou encore les westerns de Marijac, LeRallic et Jijé du côté franco-belge… Et ça, c’est sans oublier les trois grandes séries westerns de la bande dessinée, qui sont à mon avis – ou, en tout cas, à mon goût : Blueberry, de Charlier et Giraud, Comanche, de Greg et Hermann, et Buddy Longway, de Derib. »

Pour plus d’informations sur l’activité du 14 octobre, offerte en ligne.
Illustration d’en-tête de Jean-Sébastien Bérubé / Éditions Futuropolis

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