Quels sont les albums lauréats de la 35e édition des prix Bédéis Causa?

Après deux ans de galas virtuels, la remise des Prix Bédéis Causa a à nouveau pu se tenir en présence des représentants du milieu, au Musée de la Civilisation, dans le cadre du 35e Festival Québec. Sous la gouverne du maître de cérémonie Raymond Poirier, animateur de l’émission La vie en BD, la cérémonie fut l’occasion de souligner la richesse des nombreuses publications de bande dessinée qui ont vu le jour dans la dernière année au Québec et la vitalité actuelle du 9e art d’ici. Huit prix ont été remis cette année, dont cinq auxquels étaient attachées des bourses de 1 000 $, offertes notamment par BROUILLARD et la Librairie Pantoute, accompagnés également de cartes-cadeaux du réseau Les libraires. La dure tâche de sélectionner les finalistes et les lauréats a été confiée à un jury formé de libraires, de bibliothécaires et de chroniqueurs spécialisés.

La cérémonie a débuté avec la remise du prix Prix Albéric-Bourgeois, décerné à un album francophone publié à l’étranger par un.e auteur.e canadien.ne. C’est Djief, un auteur de la ville de Québec, qui a remporté l’honneur pour le premier tome de sa captivante série Créatures, La ville qui ne dort jamais. Issue d’une collaboration avec le scénariste Stéphane Betbeder et publié chez Dupuis, l’album a su charmer le jury par la grande qualité, et l’inventivité, du dessin et de la mise en cases.

Du côté des albums étrangers, deux prix ont été remis à des coups de cœur du jury. Le Prix Maurice-Petitdidier, pour un album francophone édité hors Canada, a été attribué à l’impressionnant roman graphique René.e aux bois dormants (Sarbacane), de la photographe et illustratrice française Elene Usdin. Quant à lui, le Prix Roberto-Wilson, pour un albumpublié en français et issu d’une traduction, a été remis à Monstres (Delcourt), de l’auteur anglais Barry Windsor Smith, un album puissant qui à la fois dérange et séduit.

Soulignant le travail d’un.e auteur.e s’étant le plus illustré.e avec son premier album francophone professionnel, le Prix Réal-Fillion a été remise cette année l’auteur.e et illustratrice de Québec Valérie Boivin, pour son album Rien de sérieux (Nouvelle Adresse). Très maîtrisé, ce récit personnel et teinté d’autodérision s’était déjà démarqué en mars dernier en étant l’ouvrage à l’honneur dans l’initiative collective Une ville, un livre, de Québec, ville littéraire de l’UNESCO.

Remis pour une 7e année maintenant, le Prix Jacques-Hurtubise se veut une façon pour Québec BD d’encourager la nouvelle création et de faciliter la naissance de projets d’autoédition. Accompagné d’une bourse remise par la Librairie Pantoute, le prix a été décerné cette année par Hélène Fleury, cofondatrice de CROC, à un projet qui a charmé par sa qualité manifeste et son humour :  50 nuances de bruits, de Sandra Breault. Il est possible de découvrir des extraits du projet sur le site de l’auteure au sandrabreault-illustration.com.

Nommé en l’honneur de la première auteure de BD québécoise, le Prix Yvette-Lapointe souligne l’excellence d’une publication québécoise destinée à un public jeunesse. Cette année, c’est avec un album tout en finesse et d’une grande qualité graphique, Truffe (La Pastèque), que s’est démarqué le duo formé de la dramaturge et romancière Fanny Britt et de l’illustratrice Isabelle Arsenault

Le Grand prix de la ville de Québec, accompagné d’une bourse remise par BROUILLARD, cherche à souligner l’excellence d’une œuvre publiée au Québec. La compétition était particulièrement relevée cette année avec la parution de plusieurs albums marquants. C’est cependant Mégantic: un train dans la nuit, d’Anne-Marie Saint-Cerny et Christian Quesnel (Écosociété) qui a été retenu. Abordant admirablement les enjeux politiques et environnementaux d’une tragédie sur laquelle la lumière n’a toujours pas été faite, cet album documentaire superbement illustré est également un hommage nécessaire aux victimes.

La cérémonie s’est conclue avec la remise du Prix Albert-Chartier, en hommage cette année à deux individus influents du monde de la bande dessinée québécoise. En duo, Réal Godbout et Pierre Fournier ont créé des personnages marquants du 9e art d’ici avec les séries Michel Risque et Red Ketchup. Mais à titre individuel, ils ont également eu un grand apport au développement la BDQ, et ce, avec des carrières qui ont débutées au début des années 70. Dans un vibrant hommage à celui qui a créé l’iconique personnage Capitaine Kébec, le chroniqueur spécialisé Jean-Dominic Leduc a rappelé comment Pierre Fournier a été de nombreuses initiatives qui ont influencé l’essor de la bande dessinée au Québec et que sa générosité et sa passion l’ont amené à inspirer plusieurs auteur.e.s.  Il en va de même pour Réal Godbout, qui, en plus d’une prolifique carrière à titre d’auteur, a su partager son art et former une foule de jeunes créateurs et créatrices à l’Université du Québec en Outaouais. Sylvain Lemay, directeur à l’École multidisciplinaire de l’image (ÉMI) de l’UQO a souligné la contribution importante de ce dernier à toute une génération d’auteur.e.s qui aujourd’hui font leur marque dans la bande dessinée québécoise. 

Rappelons que la présentation des Bédéis Causa porte sur les albums publiés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2021. Les critères d’éligibilité détaillés sont également disponibles au www.quebecbd.com.

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