Le Grand Prix du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême a été attribué à Julie Doucet

Après l’Américain Chris Ware en 2021 et le Français Emmanuel Guibert l’année précédente, la Canadienne Julie Doucet est élue Grand Prix de la 49e édition du Festival International de la Bande dessinée d’Angoulême, au terme d’un vote qui a réuni 1820 autrices et auteurs de bande dessinée.

22 ans que Julie Doucet n’a plus fait de bande dessinée ! Quand elle a publié son dernier Dirty Plotte en 1999, certaines et certains des artistes ayant voté cette année n’étaient pas nés. Cette situation n’est pas sans rappeler l’année 2014 qui avait vu le sacre de Bill Watterson, l’auteur de Calvin et Hobbes, qui avait cessé d’écrire 19 ans plus tôt. Voilà qui prouve certainement que la bande dessinée a de la mémoire… Mais voilà qui prouve surtout que l’œuvre de Julie Doucet, qui a eu sur des créatrices et des créateurs de tous les continents une influence décisive, ne cesse d’être nouvelle !

La publication en 2021 par l’Association de la foisonnante anthologie Maxiplotte (en Sélection Patrimoine au Festival cette année) a permis à celles et ceux qui ne la connaissaient pas, de découvrir le travail subversif et radical de Julie Doucet.

Entre 1987 et 1999, dans les fanzines et les comics qu’elle a publiés (et en particulier dans les 12 numéros du mythique Dirty Plotte), l’autrice canadienne a été une des pionnières de l’autobiographie en bande dessinée, en racontant son quotidien mais aussi ses rêves et ses cauchemars. Avec un ton éminemment personnel et libre, sans aucun souci des convenances, avec un trait qui réussit ce miracle d’être à la fois crade et superbement élégant, elle a élaboré une œuvre radicalement féministe qui aborde des thèmes et des motifs rarement évoqués, surtout de façon aussi directe, le corps, les règles, les fantasmes sexuels, les questions de genre…
 
C’est une grande autrice que le Festival est heureux d’accueillir cette année. Et si elle n’a rien publié depuis bien longtemps, il paraît qu’elle n’en n’a pas fini avec la bande dessinée!

Pour réécouter notre entrevue d’une heure avec Julie Doucet >>>

BALADO | Émission du 11 mars 2022 – Sylvain Lemay, André St-Georges et leur Rouge avril

À l’occasion de l’édition du 11 mars 2022 de La vie en BD, notre animateur Raymond Poirier échange avec Sylvain Lemay et André St-Georges autour de leur bande dessinée Rouge avril publiée chez Mécanique générale. Également de passage : l’auteur et metteur en scène Jean-François F. Lessard et l’illustrateur Guillaume Demers, autour de la production théâtrale Ailleurs que maintenant, présentée par Entr’Actes dès le 30 mars prochain à la Salle Multi de Méduse, à Québec. Également : un survol des finalistes 2022 aux Prix Bédéis Causa.

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BALADO | Émission du 4 mars 2022 – Se battre contre les murs : un sociologue en centre-jeunesse

Le vendredi 4 mars à La vie en BD, notre animateur Raymond Poirier rencontre Nicolas Sallée et Alexandra Dion-Fortin autour de leur bande dessinée Se battre contre les murs – un sociologue en centre-jeunesse, publié aux Éditions de la Pastèque et chez Atelier 10. Également de passage : Michel Giguère, autour de la mise en page en bande dessinée, en amont de la prochaine rencontre des Rendez-vous de la BD.

En commentaires BD : Blanc autour, de Wilfrid Lupano et Stéphane Fert (Dargaud), Hantée de Shaghayegh Moazzami (Ça et là), La Désolation, d’Apollo et Christophe Gaultier (Dargaud), et Le Jardin, de Gaëlle Greniller (Delcourt).

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