Les lauréat.e.s des Bédéis Causa 2024 dévoilé.e.s

C’est dans une atmosphère festive et en présence de nombreux.ses invité.e.s qu’ont été dévoilés ce vendredi, à l’occasion du Festival Québec BD, les auteur.e.s et albums lauréat.e.s des 37e Prix Bédéis Causa. Comme à l’habitude, la tâche n’a pas été facile pour le jury, composé de libraires et de chroniqueurs spécialisés, qui a dû trancher parmi les excellents albums et talentueux auteur.e.s qui composaient la liste des finalistes. Animée par Émilie Rioux, la cérémonie fut aussi l’occasion de remettre pour une neuvième année la Bourse Jacques-Hurtubise, destinée à encourager un projet en autoédition, et le prix hommage Albert-Chartier, octroyé cette année à une pionnière de la BD au Québec, Nicole Lapointe. Des bourses totalisant 5000 $ ont été remises lors de la soirée. 

Toujours très attendu, le Grand prix Québec BD a été remis cette année par le président de Québec BD, monsieur Louis Morneau, à l’autrice Axelle Lenoir pour son album Passages secrets : Trompe-l’œil, publié chez Pow Pow. Ce récit marquant dans sa forme, émouvant et drôle dans son fond et surprenant dans sa mise en scène, s’impose comme l’une des lectures marquantes et incontournables de 2023.

C’est avec l’annonce des lauréats du Prix Réal-Fillion que Québec BD a amorcé la cérémonie qui se déroulait au Musée de la civilisation. Ce sont les auteurs Olivier Robin et Étienne Poisson qui ont mérité les honneurs avec leur premier album professionnel, Tuer le peintre (Moelle Graphik), un western philosophique qui offre un récit mature, aussi prenant que surprenant.

Le Prix Yvette-Lapointe, qui récompense le meilleur album jeunesse de langue française publié au Québec, a été décerné cette année à l’autrice et illustratrice gaspésienne Orbie, pour sa bande dessinée Le tiroir des bas tout seuls (Les 400 Coups). Offrant du plaisir tant aux enfants qu’aux parents, cet album s’est imposé comme l’un des récits incontournables de la littérature jeunesse au Québec en 2023.

Remis par Julie Collin, animatrice de l’émission littéraire Julie lit au lit, le Prix Albéric-Bourgeois récompense un album de langue française, publié à l’étranger par un.e ou des bédéistes d’ici. C’est L’agent double, de François Lapierre et Voro (Paquet) qui a obtenu cette reconnaissance. Réalisé à quatre mains, cet album réussit le pari audacieux de présenter deux récits, deux visions, qui se répondent et qui offrent une histoire captivante qui aborde le thème de la santé mentale.

Une bourse pour l’autoédition
Visant à favoriser la nouvelle création et les auteur.e.s émergent.e.s au Québec, le Prix Jacques-Hurtubise offre une bourse de 1000$, remise par la Librairie Pantoute, à un projet d’autoédition en développement. Le jury a été charmé par la candidature d’Emmanuel Filteau et de sa création Les Contes de l’interface – tome 5, un récit de science-fiction qui, avec une bonne dose d’humour, se veut une critique sur les dangers de la déconnexion avec la réalité créée par les nouvelles technologies.

Un hommage à Nicole Lapointe
Le Prix Albert-Chartier, décerné chaque année en hommage à un individu ou un organisme ayant marqué le monde de la bande dessinée francophone au Québec, a été remis cette année, par l’historien de la bande dessinée québécoise Michel Viau, à l’illustratrice Nicole Lapointe. Absente lors de la cérémonie, c’est sa nièce qui est venue livrer les mots de remerciement de l’artiste. 

Née en 1936, Nicole Lapointe a été l’une des premières autrices de la bande dessinée québécoise, créant de nombreuses illustrations et planches pour des périodiques comme François et Claire, de la fin des années 1950 jusqu’en 1963. Avec son trait fin et clair, ses œuvres ont mis en scène des jeunes filles dynamiques et débrouillardes, comme pour la série Jani qu’elle a créée avec la scénariste Mariette Thibault, offrant un modèle valorisant aux jeunes filles de l’époque. Mettant de côté l’illustration à la fin de 1963, Nicole Lapointe s’est plutôt consacrée à une carrière de chanteuse, sous le pseudonyme d’Isabelle Pierre. 

Coups de cœur du jury pour des albums hors Québec 
La remise de prix fut aussi l’occasion de dévoiler les lauréats de deux catégories où les albums primés ont été créés par des auteurs et autrices hors-Québec et qui ont été des coups de cœur du jury. Le Prix Roberto-Wilson, remis par sa fille, a été décerné comme toujours à un album issu d’une traduction. C’est Environnement toxique (Casterman), de la canadienne Kate Beaton, qui s’est démarqué en offrant un portrait lucide, mais sans complaisance des quelques années qu’elle a passées à travailler en Alberta, pour différentes compagnies pétrolières. Le Prix Maurice-Petitdidier, qui invite le public à découvrir un album francophone publié à l’étranger, a été remis par la directrice du Centre Belges de la BD, madame Isabelle Debekker, à Pour quelques degrés de plus, d’Ulysse Gry (Presque lune). Dans ce livre très original sur la plan de la construction, l’auteur propose un road-trip western dystopique où se côtoient trois scénarios du réchauffement climatique et de ses conséquences sur la nature et le vivant.

Les prix Bédéis Causa
Plus vieux prix dédiés au 9e art francophone en Amérique du Nord, les Bédéis Causa cherchent, depuis 1988, à récompenser ce qui se fait de mieux en matière de bande dessinée, particulièrement celle créée par les auteur.e.s d’ici. Rappelons que la présente édition des prix Bédéis Causa porte sur les albums publiés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2023. 

Les lauréat.e.s des 36e prix Bédéis Causa dévoilé.e.s

’est au Musée de la civilisation, en présence de nombreux représentant.e.s du milieu du 9e art québécois et de madame Catherine Vallières-Roland, membre du comité exécutif responsable de la culture à la Ville de Québec et mairesse suppléante, que le Festival Québec BD a dévoilé, ce vendredi, les lauréats et lauréates de ses 36e Prix Bédéis Causa.

La cérémonie fut l’occasion de souligner la vitalité actuelle du 9e art au Québec et la grande qualité des albums parus dans la dernière année. Toujours très attendue, la remise des prix a permis cette année de récompenser les créations de six auteurs et autrices et d’encourager un projet de création en développement. La soirée fut aussi l’occasion de rendre hommage à Daniel Shelton, auteur de la populaire série Ben. Comme l’an dernier, 5 000 $ ont par ailleurs été remis aux lauréat.e.s dans cinq des catégories, notamment pour le Grand prix Québec BD et le Prix Jacques-Hurtubise, où des bourses de 1 000 $ ont été décernées respectivement par BROUILLARD et par la Librairie Pantoute. 

DES PRIX REMIS AUX AUTEURS ET AUTRICES D’ICI

Le Grand prix Québec BD (anciennement Grand prix de la Ville de Québec) souligne l’excellence d’une œuvre francophone publiée au Québec, par un.e auteur.e canadien.ne. C’est l’autrice Boum, avec son album La Méduse (Pow Pow), qui a remporté le prix cette année et la bourse de 1 000$, remise par BROUILLARD. Inspiré de ce qu’a vécu l’autrice, La méduse aborde le thème de la maladie à travers une grande histoire d’amitié et de résilience toute en nuances.

Pour le Prix Albéric-Bourgeois, décerné à un album francophone publié à l’étranger par un.e auteur.e canadien.ne, les membres du jury ont été touchés par l’album autobiographique Le petit frère (Casterman), de Jean-Louis Tripp. En revenant sur la mort tragique de son jeune frère et du processus de deuil qui s’en est suivi, l’auteur offre un récit poignant, fait avec intelligence et grande sensibilité. 

C’est l’autrice originaire de l’Abitibi-Témiscamingue Geneviève Bigué qui a remporté les honneurs du Prix Réal-Fillion, qui souligne le travail d’un.e auteur.e québécois.e s’étant le plus illustré.e avec son premier album francophone professionnel Parfois les lacs brûlent, publié aux éditions Front Froid. Par ce prix, remis par madame Catherine Vallières-Roland, le jury souhaitait souligner ce premier album de bande dessinée très maîtrisé, qui offre une histoire surprenante et bien ficelée, aux allures de légende et d’enquête.

Le Prix Yvette-Lapointe, qui souligne l’excellence d’une publication d’un.e auteur.e québécois.e destinée à un public jeunesse, a été remis à Sophie Bédard (La Ville brûle) pour Félixe et la maison qui marchait la nuit. Le jury a été charmé par ce premier album jeunesse pour l’autrice, qui y aborde avec beaucoup de justesse et de sensibilité deux sujets délicats : le deuil et la dépression vécus par un enfant.

Encore cette année, le Prix Jacques-Hurtubise remis par la Librairie Pantoute, a cherché à encourager un projet québécois voué à l’autoédition via une bourse de 1 000 $. C’est le collectif KrRoLe et son projet Donkey Shot qui a été retenu par le jury. Souhaitant créer des bandes dessinées sous des formats alternatifs ou hybrides, le collectif a proposé ici un intriguant projet qui se veut un mariage en BD entre un classique de la littérature et les jeux vidéo rétros. 

DEUX PRIX COUP DE COEUR DÉDIÉS À L’INTERNATIONAL

Bien que la majorité des Prix Bédéis Causa touchent la bande dessinée québécoise, deux prix ont été remis par le jury pour des albums étrangers coup de coeur. Le Prix Roberto-Wilson, décerné à un album publié en français et issu d’une traduction, a été remis à l’auteur canadien Jeff Lemire, pour son touchant album où le surnaturel côtoie le réel, Le labyrinthe inachevé (Futuropolis).

Le Prix Maurice-Petitdidier, pour un album francophone édité hors Canada, a été décerné à Feuilles volantes, d’Alexandre Clérisse (Dargaud), un album très personnel pour l’auteur et marqué par l’inventivité et la créativité.   

UN PRIX HOMMAGE POUR L’AUTEUR DE BEN

Le Prix hommage Albert-Chartier a été quant à lui été remis cette année à l’auteur de Sherbrooke Daniel Shelton, créateur de Ben.

Diffusée depuis 1996 dans de nombreux journaux à travers l’Amérique du Nord, et même en Asie, la série Ben a permis au public francophone et anglophone de s’attacher au sympathique retraité et de découvrir les membres de sa famille au fil des 7 200 strips parus. Figure incontournable de notre 9e art, et dernier auteur québécois publié dans les grands quotidiens d’ici, Daniel Shelton a annoncé en début d’année la fin de la parution de sa série en français. Cette nouvelle, qui arrive au même moment que le virage numérique des médias papiers, annonçait la fin de cette tradition plus que centenaire qu’était la présence de bandes dessinées dans les journaux québécois.   

Rappelons que la présentation des Bédéis Causa porte sur les albums publiés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2022.

BALADO | Émission du 7 mars 2023 – Roldophe Töpffer et l’invention de la BD

Ce mardi à La vie en BD, on échange avec Michel Giguère autour de la BD suisse et, tout particulièrement, sur la figure de Rodolphe Töpffer et l’invention de la BD en amont de la prochaine rencontre des Rendez-vous de la BD, «Six Suisses! – Des bédéistes au sommet» à la Maison de la littérature. Également de passage, l’auteur Jean-Paul Eid et la réalisatrice Marie Cayer, autour de l’adaptation audio de la BD Le Petit astronaute. Aussi: un survol des finalistes 2023 au prix Bédéis Causa propulsés par Québec BD.

En commentaire BD: Le Labyrinthe inachevé, de Jeff Lemire (Futuropolis).

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